LE DESERT

Fourre-tout d'Images, et de mots qui croisent le fer...
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 les contes qui nous plaisent

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
vaga
Démodérateur
avatar

Nombre de messages : 9304
Date d'inscription : 11/04/2006

MessageSujet: les contes qui nous plaisent   Lun 19 Jan - 19:54

LE CONTEUR de PRAGUE


Tradition juive
Henri Gougaud in L’arbre aux Trésors


Il était une fois un homme nommé Yacoub. Il vivait pauvre mais sans souci, heureux de rien,
libre comme un saltimbanque, et rêvant sans cesse plus haut que son front. En vérité, il était
amoureux du monde. Or, le monde alentour lui paraissait morne, brutal, sec de coeur,
sombre d'âme. Il en souffrait. " Comment, se disait-il, faire en sorte qu'il soit meilleur ?
Comment amener à la bonté ces tristes vivants qui vont et viennent sans un regard pour leurs
semblables ? ". Il ruminait ces questions par les rues de Prague, sa ville, errant et saluant les
gens qui ne lui répondaient pas.
Or un matin, comme il traversait une place ensoleillée, une idée lui vint.. "ET si je leur
racontais des histoires ? pensa-t-il. Ainsi, moi qui connais la saveur de l'amour et de la
beauté, je les amènerais assurément au bonheur." Il se hissa sur un banc et se mit à parler.
Des vieillards, des femmes étonnées, des enfants, firent halte un moment pour l'écouter, puis
se détournèrent de lui et poursuivirent leur route.
Yacoub, estimant qu'il ne pouvait changer le monde en un jour, ne se découragea pas. Le
lendemain il revint en ce même lieu et à nouveau lança au vent, à voix puissante, les plus
émouvantes paroles de son coeur. De nouvelles gens s'arrêtèrent pour l'écouter, mais en plus
petit nombre que la veille. Certains rirent de lui. Quelqu'un le traita même de fou, mais il ne
voulut pas l'entendre. "Les paroles que je sème germeront, se dit-il. Un jour elles entreront
dans les esprits et les éveilleront. Je dois parler, parler encore."
Il s'obstina donc et, jour après jour, vint sur la grand-place de Prague parler au monde,
conter merveilles, offrir à ses pareils l'amour qu'il se sentait. Mais les curieux se firent rares,
disparurent, et bientôt il ne parla plus que pour les nuages, le vent et les silhouettes pressées
qui lui lançaient à peine un coup d'oeil étonné, en passant. Pourtant il ne renonça pas.
Il découvrit qu'il ne savait et ne désirait rien faire d'autre que conter ses histoires
illuminantes, même si elles n'intéressaient personne. Il se mit à les dire les yeux fermés, pour
le seul bonheur de les entendre, sans se soucier d'être écouté. Il se sentit bien en lui-même et
désormais ne parla plus qu'ainsi: les yeux fermés. Les gens, craignant de se frotter à ses
étrangetés, le laissèrent seul dans ses palabres et prirent l'habitude, dès qu'ils entendaient sa
voix dans le vent, d'éviter le coin de place où il se tenait.
Ainsi passèrent des années. Or, un soir d'hiver, comme il disait un conte prodigieux dans le
crépuscule indifférent, il sentit que quelqu'un le tirait par la manche. Il ouvrit les yeux et vit
un enfant. cet enfant lui fit une grimace goguenarde et lui dit en se hissant sur la pointe des
pieds:
- Ne vois-tu pas que personne ne t'écoute, ne t'a jamais écouté, ne t'écoutera jamais ? Quel
diable t'a donc poussé à perdre ainsi ta vie ?
- J'étais fou d'amour pour mes semblables, répondit Yacoub. C0'est pourquoi, au temps où
tu n'étais pas encore né, m'est venu le désir de les rendre heureux.
Le marmot ricana:
- Et bien, pauvre fou, le sont-ils?
- Non, dit Yacoub, hochant la tête.
- Pourquoi donc t'obstines-tu? demanda doucement l'enfant, pris de pitié soudaine.
Yacoub réfléchit un instant.
- Je parle toujours, certes, et je parlerai jusqu'à ma mort. Autrefois, c'était pour changer le
monde.
Il se tut, puis son regard s'illumina. Il dit encore:
- Aujourd'hui c'est pour que le monde, lui, ne me change pas

Conter dans un désert , le pied pour un vieux conteur....
Au moins le désert ne le changera pas ....

_________________
" La Flatterie tend un miroir à l' Orgueil"
la réaction enchaîne ,  la création libère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fanvaga.blogspot.fr/
la_nuance

avatar

Nombre de messages : 3095
Date d'inscription : 11/04/2006

MessageSujet: Re: les contes qui nous plaisent   Lun 19 Jan - 20:22

sauf que ce désert est plein de passagers clandestins

_________________
Après ces longues années de guerre
Le ciel est témoin qu'aujourd'hui
C'est grande joie pour la ville entière
D'ouvrir ses portes à grands bruits
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vaga
Démodérateur
avatar

Nombre de messages : 9304
Date d'inscription : 11/04/2006

MessageSujet: Re: les contes qui nous plaisent   Mer 21 Jan - 17:24

Bof! Je m' en fiche , les gens passent ou ne passent pas,  prennent ce qu' ils veulent ou ne veulent pas , laisse des choses ou ne laissent pas . ici je viens et  essais de DIRE les choses  telles que je peux et pense les dire et sans que l' on me censure, pour un oui, pour un non .... Et sans interprétations irrespectueuses, ridicules hostiles ou malveillantes sunny
Bref, je n' ai toujours pas acquis la langue de bois ou politiquement correct....C' est comme ça , je n'y peux rien
Libre et indépendante! mais chiante ( je le reconnais)  Le pied!


Qu'aucune personne passant, par hasard, sur ce désert  ne le prenne  pour elle, car en fait c' est une constatation générale sur la plupart des forums que j' ai fréquenté.
Chacun ne comprenant que ce qu' il veut comprendre des autres.



Je remets l' histoire Cherokee, qui illustre mon propos dans le thème des arbres.

Les deux loups intérieurs


Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s'était montré injuste envers lui : « Laisse-moi te raconter une histoire. . . Il m'arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n'en éprouvent aucun regret.
Mais la haine t'épuise, et ne blesse pas ton ennemi.
C'est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure.
J'ai souvent combattu ces sentiments. »

Il continua: « C'est comme si j'avais deux loups à l'intérieur de moi ; le premier est bon et ne me fait aucun tort.
Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser.
Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste.
Mais l'autre loup, ah ! Il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage.
Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses.
Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien.
II est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit.»

Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda : « Lequel des deux l'emporte, grand-père ? »
Le grand-père sourit et répondit doucement : « Celui que je nourris »

_________________
" La Flatterie tend un miroir à l' Orgueil"
la réaction enchaîne ,  la création libère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fanvaga.blogspot.fr/
vaga
Démodérateur
avatar

Nombre de messages : 9304
Date d'inscription : 11/04/2006

MessageSujet: Re: les contes qui nous plaisent   Lun 26 Jan - 11:11

Hier au soir est repassé à la TV ( France 4) " LA PRINCESSE MONONOKE"


Un vrai chef d' oeuvre




La nuance, ce film réunit les thèmes des loups vu sur Grapho et de la forêt traitée ici....
Quelle beauté et quel message...
Je suis une inconditionnelle des films de Hayao Miyazaki


Tout y beau et les dessins sont splendides....
France 4 va la semaine prochaine , passer le voyage de Chiriko et surtout le château ambulant...
A ne pas rater!

_________________
" La Flatterie tend un miroir à l' Orgueil"
la réaction enchaîne ,  la création libère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fanvaga.blogspot.fr/
vaga
Démodérateur
avatar

Nombre de messages : 9304
Date d'inscription : 11/04/2006

MessageSujet: Re: les contes qui nous plaisent   Sam 2 Mai - 14:47

.Tout est pour le mieux - Conte indien
 
Un monarque hindou avait un ministre qui était célèbre pour sa sagesse, et qu'on venait consulter de loin.
A tous ceux qui, dans le désespoir et le malheur, lui demandait conseil, il disait invariablement :
- Dieu fait tout pour le mieux
Un jour, le roi emmena son ministre à la chasse, dans la jungle. En traquant un fauve, le souverain et le sage furent séparés de la suite royale, et finirent par s'égarer au cœur de l'immense forêt. Vers midi, la chaleur devint accablante. Harassé, affamé, le roi s'écroula de découragement à l'ombre d'un arbre.
- Ministre, gémit-il je suis à bout de force et j'ai affreusement faim !
Essaye de me trouver quelque chose à manger. Le ministre alla cueillir des fruits qu'il offrit à son maître mais celui-ci, dans un accès de fébrilité gloutonne, fit un faux mouvement avec son couteau et se trancha un doigt.
- O ministre, que j'ai mal ! cria t-il, en serrant son membre mutilé qui saignait abondamment.
L'autre se contenta de dire paisiblement :
- Dieu fait tout pour le mieux.
Ces paroles eurent le don d'exaspérer le roi, déjà furieux de sa mésaventure. Fou de rage, il bondit sur le ministre et le roua de coups en hurlant :
- Misérable crétin ! J'en ai assez de ta philosophie ! je suis en proie aux pires souffrances, et ce que tu trouves à dire pour me soulager, c'est : Dieu fait tout pour le mieux ! Va t-en au diable ! je ne veux plus jamais te voir ni entendre parler de toi !
Le ministre se retira aussitôt, en répétant tranquillement : Dieu fait tout pour le mieux !
Resté seul, le monarque se confectionna un bandage avec un lambeau de sa tunique, en roulant d'amères pensées.
Soudain, deux robustes gaillards surgissant des fourrés se précipitèrent sur lui et le ligotèrent promptement. Le roi n'était guère en état de se battre, et ces hommes étaient des colosses.
- Quelles sont vos intentions ? Que voulez-vous de moi ? demanda le souverain effrayé.
- Nous allons t'offrir en sacrifice à notre grande déesse Kâli. Chaque année à cette même date, nous avons coutume de lui rendre ainsi hommage. Et nous cherchions justement une victime convenable quand un hasard propice nous a guidé vers toi.
- C'est impossible ! protesta le captif horrifié. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! Je suis le roi de ce pays ! vous devez me relâcher !
- Ah ! Fort bien ! S’esclaffèrent les deux géants. Notre vénérable Kâli sera particulièrement contente, lorsqu'elle verra quel personnage important nous lui offrons cette année ! Allons suis moi ! Toute résistance est inutile.
Le monarque atterré, fut traîné jusqu'au temple de la déesse et placé sur l'autel. Le prêtre s'apprêtait à lever son poignard, lorsqu'il remarqua le bandage encore tout maculé que portait la victime. Ayant constaté qu'un morceau de doigt manquait au prince, il le fit sur-le-champ libérer, en disant :
- Cet individu n'est pas digne de notre grande déesse ! Nous devons offrir à Kalî un homme entier, parfaitement constitué. Celui-ci ne convient guère. Qu'il s'en aille ! Le roi se hâta de déguerpir, ravi d'avoir échappé de justesse à un sort si funeste. Et il se mit à songer aux paroles de son ministre : Dieu fait tout pour le mieux. Ne serait-il pas maintenant dépecé sur l'autel de Kalî, s'il ne s'était coupé un doigt par une heureuse inadvertance ? Se reprochant vivement la manière dont il l'avait insulté et brutalisé son conseiller, il sillonna la forêt en appelant le ministre, afin de réparer au plus vite son injustice. Il finit par découvrir le sage qui méditait dans une clairière. Le roi l'embrassa en le suppliant de lui pardonner son erreur. Puis il lui raconta son aventure, et comment les adorateurs de Kâli l'avaient relâché, grâce à sa mutilation.
- Sire, je n'ai rien à vous pardonner, dit le ministre, et vous ne m'avez nullement offensé. Bien au contraire, c'est moi qui vous doit la vie. si vous ne m'aviez pas chassé, j'aurais été capturé avec vous, et les sectateurs de la déesse m'auraient forcément immolé à votre place, puisque mon corps est intact.
Dieu fait tout pour le mieux

.

_________________
" La Flatterie tend un miroir à l' Orgueil"
la réaction enchaîne ,  la création libère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fanvaga.blogspot.fr/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: les contes qui nous plaisent   

Revenir en haut Aller en bas
 
les contes qui nous plaisent
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE DESERT :: LES RACONTE-TARD du souk-
Sauter vers: